Tuesday, July 7, 2020

Dépistage du cancer : les tests systématiques conseillés

Le dépistage est un moyen efficace de détecter rapidement une maladie ou une affection spécifique, même si aucun symptôme ou signe de la maladie n'a été observé. Détecter un cancer à un stade précoce signifie recevoir le bon traitement au bon moment. Les traitements sont moins lourds et vos chances de guérison augmentent. Chaque type de cancer a ses propres tests de dépistage. Voici les tests systématiques conseillés en fonction des différents types de cancer.


Peau : à surveiller dès 20 ans

Le dépistage du cancer de la peau est un examen visuel de la peau. Il doit être effectué par vous-même, devant un miroir, 3 fois par an et par un dermatologue au moins 1 fois par an. Le dépistage consiste à rechercher sur la peau des grains de beauté ou des marques inhabituelles. Ce repérage se fait selon la règle ABCDE : Asymétrie, Bords dentelés, Couleur non homogène, Diamètre en augmentation, Evolution (changement de taille, de forme ou de couleur).
Vous devez systématiquement faire ce dépistage si vous présentez certains facteurs de risque : de nombreux grains de beauté, une peau qui brûle facilement, des taches de rousseur, des antécédents familiaux et/ou personnels de cancer de la peau, une exposition fréquente au soleil dans le cadre du travail ou des loisirs.
Si, après un dépistage, le dermatologue suspecte un cancer de la peau, il peut, sous anesthésie locale, retirer un grain de beauté pour le faire analyser et vérifier la présence de cellules cancéreuses.


Col de l'utérus : effectuer un frottis à partir de 25 ans

Il est conseillé à toutes les femmes à partir de 25 ans jusqu’à 65 ans. Après deux premiers tests de dépistage normaux effectués à un an d'intervalle, le dépistage se fait tous les trois ans. Au cours de l’examen gynécologique, le praticien va effectuer un frottis. Cela consiste à prélever délicatement des cellules au niveau du col de l'utérus à l'aide d'une spatule ou d’une petite brosse. Cela ne prend que quelques minutes et, même si une gêne peut être ressentie, ce n’est pas douloureux.
Ce prélèvement est analysé et dans la majorité des cas, tout est normal. Des résultats suspects ne signifie pas que vous avez un cancer mais que des cellules anormales ont été détectées. Pour savoir à quoi cette anomalie est due, le gynécologue peut alors prescrire d’autres examens : un nouveau frottis, un examen détaillé du col, un test de détection des papillomavirus.


Sein : une mammographie dès 50 ans

Ce type de dépistage, à faire tous les 2 ans, s’adresse aux femmes de 50 et 74 ans, même si elles n’ont pas de symptômes ni de facteurs de risque particulier. On sait que c’est dans cette tranche d’âge que les femmes ont plus de risques de développer un cancer du sein et que le dépistage sera le plus efficace. Pour rappel, le cancer du sein est le 1er cancer chez la femme et, encore aujourd’hui, 1 femme sur 8 en souffre au cours de sa vie. Mais lorsqu’il est détecté à un stade précoce, ce type de cancer peut être guéri dans plus de 90 % des cas.
Les femmes, quel que soit leur âge, qui présentent un facteur de risque particulier (antécédents personnels ou familiaux), doivent effectuer des examens annuels.
La mammographie est une radiographie des seins, réalisée avec un appareil de radiologie spécifique appelé mammographe. Chaque sein, l’un après l’autre, est placé entre deux plaques qui le compriment pendant quelques secondes. On réalise alors 2 clichés par sein. Si une anomalie est détectée, le médecin peut vous prescrire des examens complémentaires : échographie, biopsie, IRM.


Côlon : un test à partir de 50 ans

Aussi bien chez les hommes que chez les femmes, près de 95 % des cancers colorectaux sont diagnostiqués après 50 ans. C'est pourquoi, tous les deux ans, dès 50 ans et jusqu'à 74 ans, il est conseillé d’effectuer systématiquement un test de dépistage. Il consiste à prélever chez soi, plusieurs échantillons de selles qui seront ensuite analysés dans un laboratoire. Ce test consiste à rechercher du sang caché dans les selles. Si le test est positif, une coloscopie sera nécessaire. Cet examen permet d’examiner l’intérieur de l’intestin afin de vérifier la présence de polypes avant qu’ils ne dégénèrent en lésions cancéreuses. Il est systématiquement pratiqué chez les personnes ayant des antécédents familiaux de cancer du côlon.


Prostate : un dépistage au cas par cas

Pendant de nombreuses années, le dépistage du cancer de la prostate était conseillé à partir de 50 ans. Toutefois, de nombreuses études à large échelle réalisées en Europe et aux États-Unis montrent que le bénéfice du dépistage systématique est très faible, voire nul. C’est pourquoi, désormais, la décision de dépister ce cancer se prend au cas par cas, après en avoir discuté avec son médecin traitant ou son urologue.
Le dépistage comprend principalement deux types d’examen:
● un toucher rectal afin d’évaluer la consistance et le volume de la prostate
● le dosage sanguin du PSA (Prostate Specific Antigen), une protéine sécrétée par les cellules de la prostate.
Pour les hommes ayant des antécédents familiaux, le médecin proposera un suivi spécifique. Pour ceux de plus de 50 ans, ne présentant pas de symptômes ni d’antécédents familiaux, il n'y a actuellement pas de recommandation pour effectuer systématiquement ce dépistage annuel. Il faut s’adresser à son médecin traitant.