Wednesday, June 24, 2020

Les mythes les plus courants sur l’accouchement

Si vous êtes enceinte, votre famille, vos amies vous raconteront probablement beaucoup de choses sur l'accouchement. Surtout si c’est votre premier bébé et que vous ne savez pas vraiment comment cela va se passer. Malheureusement, tout n’est pas forcément vrai. Parce que certains mythes persistent encore. Examinons certains d’entre eux, les plus courants que vous pourriez entendre sur l’accouchement.


Sans péridurale, c’est trop


La douleur pendant le travail est causée par les contractions des muscles de l’utérus ; par la pression sur le col de l'utérus, la vessie et les intestins, ainsi que l'étirement du vagin.
Cette douleur varie considérablement d'une femme à l'autre et même d'une grossesse à l'autre. Pour certaines femmes, cette douleur ressemble à des crampes menstruelles ; pour d'autres, à une forte pression ; et pour d'autres encore, à des crampes quand on a mal au ventre. Souvent, ce n'est pas la douleur en soi qui est la plus difficile à supporter mais le fait qu'à mesure que le travail progresse, il y a de moins en moins de temps de récupération entre chaque contraction.
Une bonne préparation à l’accouchement, avec notamment des exercices de respiration, vous permet de mieux gérer cette douleur. Sachez aussi que la douleur provoque une sécrétion d’endorphines qui aident à la supporter.


Plus on a d’enfants, plus c’est facile d’accoucher.


Pas toujours. Il est vrai que le corps a une sorte de « mémoire du travail ». Tous les muscles, les tissus et les os ont déjà été sollicités et se « souviennent », ce qui facilite la descente du bébé. Mais chaque accouchement est différent : un bébé plus gros, une position différente, le dos en arrière ou en avant, la tête en haut ou en bas, et le fait d’avoir eu plusieurs enfants, parfois ne facilitent pas les choses. A la suite de plusieurs grossesses, l’utérus peut être trop distendu et peut avoir du mal à se contracter et de ce fait n’aide pas le bébé à être dans une bonne position pour descendre dans le bassin.


Le premier accouchement est toujours plus long.


Personne ne peut prédire exactement la durée de votre travail. Pour un premier accouchement, la durée moyenne se situe entre 6 et 12 heures ; mais cela peut être beaucoup plus court ou plus long. Tout va dépendre de la position du bébé, de son poids, sa taille et de la forme de votre bassin. Pour que cela aille plus vite, il faut laisser les contractions faire leur travail et non pas lutter contre elles. Il faut se détendre et apprendre à respirer.


Il y aura forcément une épisiotomie.


Il s'agit d'une petite coupure ou incision dans le périnée (la zone située entre le vagin et le rectum). Les médecins pratiquent une épisiotomie pour faciliter le passage de la tête du bébé lors de l'accouchement et pour prévenir les complications ou une déchirure vaginale.
Mais ce n’est pas systématique. En fait l’épisiotomie n’est pratiquée que si elle est médicalement nécessaire, si vous ou votre bébé êtes en danger ou si vous avez des complications. Par exemple, si le bébé n’arrive plus à descendre, si les tissus vaginaux sont trop résistants ou au contraire très fragiles.


Une césarienne c’est mieux, ça fait moins mal.


Lorsqu’il n’y a aucune pathologie qui s’impose, c’est l’accouchement par voie naturelle qui est préconisé. Mais si vous avez déjà vécu un accouchement traumatisant, que vous ne voulez pas répéter l'expérience, il faut en parler à votre médecin afin de trouver ensemble la meilleure solution pour vous. Une césarienne implique des risques chirurgicaux, que vous devez évaluer avant de prendre une décision. D’autre part, si vous n’avez pas de douleurs pendant l’accouchement, vous risquez d’en avoir après. Et même si certaines femmes se portent très bien après une césarienne, il faut garder à l'esprit qu'il s'agit d'une opération abdominale majeure qui peut également avoir un impact sur vos futures grossesses.


Pendant l’accouchement, on fait aussi caca.


Oui, et c’est même assez fréquent (80 à 90% des cas environ) et tout à fait normal. Les muscles que vous utilisez pour aller à la selle sont les mêmes que ceux que vous utilisez pour pousser pendant l’accouchement. De plus, pendant le travail, vous subissez une pression supplémentaire sur le côlon et le rectum en raison du poids du bébé. A cela, il faut ajouter le rôle des prostaglandines. Ces hormones sont naturellement impliquées dans la fonction intestinale mais aussi dans le déclenchement du travail au moment de l’accouchement. Inutile de vous inquiéter ou d’être gênée, le personnel médical est habitué à ce genre de situation. Il s’occupera de ce petit incident sans même que vous vous en rendiez compte. Sachez surtout que le fait de faire caca pendant l'accouchement peut aider les bébés à développer leur micro biome et à préparer ses défenses immunitaires.


Demander une péridurale au dernier moment, c’est trop tard.


Pas forcément. Il est vrai que si votre travail progresse rapidement et que l'accouchement est prévu dans les 10 à 20 minutes, votre médecin vous déconseillera une péridurale. A ce stade, le bébé est prêt à sortir. Avec une péridurale, vous ne ressentirez plus les contractions ni vos envies de pousser et cela ne fera que retarder l’arrivée du bébé. Mais si le travail progresse lentement, il est possible de recevoir une péridurale alors même que le travail est bien avancé.

Rédigé en collaboration avec le Dr. Ramdaursingh, gynécologue.