Monday, May 18, 2020

Prothèse de l'épaule : un domaine en pleine évolution

Vous n’arrivez plus à attraper quoique ce soit dans un placard ou à lever simplement votre bras sans avoir mal.  Les médicaments, les séances de kiné ne sont plus suffisantes pour vous soulager?  Avez-vous pensé à une prothèse de l’épaule ? Elle est moins connue que celle du genou ou de la hanche, mais elle est tout aussi efficace pour soulager les douleurs articulaires. Voici ce que vous devez savoir sur la prothèse de l’épaule, un domaine en pleine évolution. 

 

L’épaule, une articulation qui peut s’user

 

Comme n’importe quelle autre articulation, celle de l’épaule peut s’user ou se détériorer. La solution pour toute usure ou détérioration avancée de l’épaule est la pose d’une prothèse ou une arthroplastie de l’épaule. 

L'arthroplastie de l'épaule peut être entreprise pour traiter l’arthrite avancée de l'articulation de l'épaule (arthrose). L'usure des surfaces du cartilage articulaire (arthrose primaire) est particulièrement douloureuse et les mouvements deviennent très limités. D’autres situations entraînent la détérioration et l'usure des surfaces articulaires (arthrose secondaire) comme, entre autres, les fractures ou les blessures graves du bras (humérus), les maladies rhumatismales (polyarthrite chronique) ou encore une luxation chronique de l'épaule. 

 

La nécessité d’une prothèse de l’épaule 

 

Comme pour les autres grandes prothèses articulaires (genou ou hanche), la principale indication du remplacement de l'épaule est la douleur. 

Une douleur intense à l'épaule qui interfère avec les activités quotidiennes, comme prendre un livre sur une étagère, s'habiller, aller aux toilettes, se laver entre autres. 

Une douleur modérée à forte au repos mais suffisamment intense pour nuire à une bonne nuit de sommeil. 

Mais surtout le patient constate une absence d'amélioration substantielle malgré les traitements tels que les médicaments anti-inflammatoires, les injections de cortisone ou la physiothérapie.

 

Trois grands types de prothèse

 

L'arthroplastie de l'épaule a été décrite pour la première fois en 1953 pour le traitement d'une fracture de la tête de l’humérus. Depuis, de nombreux modèles d'implants différents ont été développés et utilisés. Actuellement, il en existe trois grands types :

 

1 - La prothèse anatomique :  la traditionnelle  La tête de l'humérus est remplacée par une boule reliée à une tige en métal insérée dans l’os. C’est le type de prothèse choisit généralement pour les arthroses sévères, notamment chez les patients de plus de 70 ans mais qui ont encore de bons tendons. Elle promet une excellente amplitude en mouvement.

 

2 - La prothèse de resurfaçage : la plus récente. Elle consiste à remplacer uniquement la surface articulaire de la tête de l’humérus par une prothèse en forme de calotte sans tige. Ce type de prothèse, indiquée pour les arthroses débutantes ou modérées, a un double avantage : 

Son utilisation sur des patients plus jeunes ou très actifs dès le début de la maladie. Opéré plus tôt, le patient sera soulagé pendant  plusieurs années. 

La possibilité de réopérer plus tard et/ou de convertir cette prothèse par une prothèse totale de l'épaule, si nécessaire. Cependant  elle convient seulement a une minorité des patients.

 

3 - La prothèse totale inversée : la plus radicale et inventée par les français. Il y a une dizaine d’années, et dont le développement a fait depuis, un grand bond en avant. Elle est dite inversée parce que, contrairement aux autres prothèses, une demi-sphère est fixée dans l’omoplate et une cavité en plastique est fixée à l'os du bras. Cela permet au patient d'utiliser les muscles au lieu des tendons pour lever le bras. Ce type de prothèse présente des avantages mécaniques uniques pour les personnes condamnées à une quasi-immobilité de leur bras. C’est le plus gros développement en prothèses car un grand nombre de patients qui il y a une dizaine d’années il n’y avaientt pas de bonne solution en prothèses, se trouvent maintenant candidats pour une meilleure qualité de vie

 

Une opération peu douloureuse 

 

Avant l’opération : 

On réalise un examen clinique, un bilan radiographique complet pour confirmer l’arthrose, puis un scanner pour vérifier si les tendons sont fonctionnels ou pas. Le patient restera hospitalisé 2 à 3 jours et l’intervention chirurgicale en elle-même dure 1 heure environ. Les 3 types d’intervention se passent sous anesthésie générale, souvent associée à une anesthésie locorégionale (on endort le bras concerné). Ce qui permet d’atténuer les douleurs post-opératoires. Ainsi, pour le patient, l’opération est très peu douloureuse. 

 

Après l’opération : 

La rééducation se fait progressivement dès le lendemain de l’opération, pour tous types de prothèses. Au bout de 6 semaines on a retouvé sa capacité a utiliser son épaule pour les activités journalières. La durée de vie d’une prothèse est maintenant excellente, et la majorité des patients n’a pas besoin de faire une deuxième opération quelques années plus tard.

 

Vivre avec sa prothèse

Vous pouvez reprendre une vie tout à fait normale avec votre prothèse. Il est d’ailleurs fortement recommandé de pratiquer des activités physiques : les efforts augmentent la résistance du tissu osseux et le renforcement des muscles et des tendons protègent l’articulation.  

 

Quels sports pratiquer ? 

Tout dépend du type de prothèse. Si vous êtes jeune et que vous avez une prothèse de resurfaçage, vous pouvez faire à peu près ce que vous voulez, mais quand même pas de l’haltérophilie tout de même. La prothèse anatomique aussi promet beaucoup en termes d’activités physiques, comme la gym, la natation, le golf, le kitesurf,  etc.

 

Pour les autres prothèses, il est recommandé d’éviter les sports de lancer tels que le tennis, volley, badminton et certains sports comme la boxe. Mais il existe des quantités d’autres activités que vous pourrez reprendre, le golf ou la pêche par exemple.

 

L’arthroplastie de l'épaule est moins connue et pratiquée que la prothèse de genou ou de hanche. Cette intervention moins courante a des taux de réussite clinique similaires aux deux autres. Et si vous hésitez encore, sachez qu’en terme de qualité de vie, la récupération est bien meilleure aujourd'hui par rapport aux prothèses d 'il y a dix ans.

 

En collaboration avec le Dr. Daren Lim Fat, chirurgien orthopédique.